Le sommet international de l'action pour le climat de San Francisco - 2018

En 2017 le monde a perdu 16 millions d’hectares de forêts tropicales, une zone équivalente au Bengladesh. Selon l’ONG Global Forest Watch cela représente une surface d’environ 40 terrains de football par minute pendant une année !
Freiner et inverser la déforestation est un enjeu critique pour la stabilité climatique notamment parce qu’elle représente à elle seule près de 30% des émissions nettes de carbone dans le monde. Il est important de souligner que les forêts et les sols sont le moyen le plus efficace, en terme de coût, pour stocker du carbone à grande échelle.
Au cœur d'une forêt tropicale kényaneIl est donc nécessaire et urgent que nous augmentions drastiquement les investissements basés sur ces solutions. À l’heure actuelle seul 1% de la totalité des investissements relatifs à la mitigation du réchauffement climatique concernent des solutions basées sur la forêt et les sols.
Les 12, 13 et 14 septembre 2018, les dirigeants du monde entier se sont rassemblés en Californie pour le Sommet Mondial d’Action pour le Climat. L’objectif était notamment d’aborder l’ambivalence de la situation actuelle par rapport au réchauffement climatique : alors que nous faisons de réels progrès il est impératif d’être beaucoup plus ambitieux et de saisir les opportunités qu’il nous reste encore avant qu’il ne soit trop tard.
Incontestablement, il n’existe pas de plus grande opportunité que de protéger, préserver et restaurer les forêts, particulièrement dans les régions tropicales. Lorsque les forêts sont rasées pour créer des zones agricoles, le carbone stocké dans les arbres et les sols est relâché dans l’atmosphère, alimentant les effets du réchauffement climatique. D’un autre côté, les arbres et les plantes accumulent du carbone et le stockent pendant leur croissance. L’équation est finalement assez simple à résoudre, protéger et redévelopper les zones forestières est la seule technologie que nous connaissons à l’heure actuelle qui permet de diminuer de façon certaine la concentration de CO2 dans l’atmosphère à une échelle suffisamment grande pour que cela puisse jouer un rôle dans notre combat contre le changement climatique.
La science fait état d’autres façons dont les forêts jouent un rôle prépondérant dans la régulation du climat.Usine produisant de l'huile de palme Ces dernières recyclent la vapeur d’eau et affectent le vent et les masses nuageuses permettant ainsi de limiter la hausse des températures. Elles impactent également la quantité d’eau de pluie qui tombe, et ce sur de grandes distances. La production agricole globale, source de notre nourriture, est donc intimement liée aux forêt qui couvrent notre planète.
Pour souligner l’utilité des forêts et des sols dans le combat que nous menons pour tenter de limiter le réchauffement climatique, les scientifiques utilisent désormais un slogan simple : 30 x 30. Dans d’autres termes ce message signifie que les forêts et les sols représentent 30% des solutions à notre disposition pour lutter contre le réchauffement climatique d’ici à 2030. Il est de plus en plus urgent d’agir concrètement notamment parce que les tendances actuelles vont clairement dans la mauvaise direction. La principale cause de la déforestation est l’expansion agricole. En cause, la production industrielle de viande de bœuf, de soja et d’huile de palme destinées à satisfaire la demande toujours plus grande des consommateurs. En prenant en compte le fait que la population mondiale continue inexorablement de croître, celle-ci devrait mathématiquement continuer à augmenter dans le futur !
De nombreuses avancées ont néanmoins été présentées à San Francisco mi-septembre durant ce sommet. Il s’agit notamment d’initiatives d’états et de gouvernements qui travaillent en étroite relation avec des entreprises pour changer radicalement la façon dont les terres sont gérées dans les zones forestières du Brésil, d’Indonésie et d’autres pays tropicaux. L’accent a été mis sur les partenariats créés avec des communautés indigènes dont les territoires sont situés pour la plupart dans les dernières forêts encore vierges à la surface du globe et dont le mode de vie dépend de ces dernières. L’objectif est de définir rapidement un mode de développement plus durable et plus étique.
Thermographie des émissions de carbonesLes dirigeants ont également souligné que certaines actions entreprises dans les pays en voie de développement commencent à porter leurs fruits. En promouvant des lois favorisant les certifications, ils incitent les marchés à se tourner vers des produits issus du développement durable. C’est une avancée certaine à ne pas négliger.
Bien entendu il reste encore beaucoup à accomplir. Par exemple il faut impérativement en finir avec les méthodes perverses qui consistent à encourager l’exploitation déraisonnable des zones boisées pour produire de l’énergie soit-disant renouvelable. Quand ces zones stockant une grande quantité de carbone sont rasées pour produire des bio-carburants (maïs, huile de palme et soja) plusieurs dizaines d’années sont nécessaires pour compenser les émissions nettes ainsi générées par rapport à ce qu’aurait rejeté la même quantité d’énergie fossile.
S’il est vrai que brûler du bois pour créer de l’électricité permet aux jeunes pousses plantées à la place d’absorber du carbone, il est impératif de faire diminuer le taux de CO2 dans l’atmosphère dès maintenant, pas dans 50 ans. Quand on parle de réchauffement climatique la question du timing est prépondérante.

 
 

Traduit et adapté de l’anglais par

 

Source: https://news.mongabay.com/

 

 

Le sommet mondial d’action pour le climat 2018
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