horticulture
 

Le maraîchage en Amazonie

En attendant que les bois d’œuvre grandissent et que les fruitiers produisent suffisamment, nous  avons développés une nouvelle activité au sein des communautés : l’horticulture. Elle nous permet de rester en contact régulier avec les agriculteurs. De plus, la production de fruits et de légumes à court terme en complément du projet agroforestier nous aide à conserver la confiance et l’intérêt porté par les populations. En effet, malgré nos visites régulières dans les parcelles, les propriétaires sont pressés de récolter les fruits de leurs efforts et leur motivation initiale peut parfois décroître assez rapidement.
L’objectif principal de l’horticulture est de permettre aux habitants d’atteindre l’auto-suffisance alimentaire et d’améliorer leur équilibre nutritionnel grâce à une nourriture saine, riche en vitamines et minéraux et peu onéreuse, tout en respectant les pratiques et la culture locale. Il s’agit par la même occasion de réduire voir supprimer les dépenses occasionnées par l’achat de fruits et de légumes.
 
Ce projet de maraîchage est en lien direct avec la politique nationale équatorienne puisque dans la nouvelle constitution il est écrit : « La souveraineté alimentaire constitue un objectif stratégique et une obligation de l’État pour garantir que les personnes, communautés, peuples et nationalités atteignent l’auto-suffisance en aliments sains et culturellement appropriés, de façon permanente ».
Construction d'une serre pour le maraîchage communautaireLa serre communautaire est construite lors d’une journée de travaux collectifs (minga) par les différents membres souhaitant intégrer le projet. Ils fournissent l’armature en bois tandis que nous fournissons la bâche plastique, la citerne en PVC pour la réserve d’eau et de la maille pour protéger des intrusions.
Durant cette journée, nous réalisons les semis de tomates, concombres, pastèques, laitues, poivrons, radis et carottes. Le choix des espèces et la quantité de pieds pour chacune est déterminée selon les habitudes alimentaires et les souhaits des bénéficiaires.
Lors de la minga suivante nous préparons le sol de la totalité de la serre. La terre est labourée, enrichie en sable et en engrais organique (Bokashi) puis buttée pour faciliter le drainage. Les jeunes plants issus de graines sont mis en terre, tandis que les graines de carotte et de radis sont plantées directement.
 
Dans la logique d’autonomie de la communauté, nous faisons des binômes chargés tour à tour de réaliser les tâches nécessaires à l’entretien des cultures (arrosage quotidien) puis à la récolte. Le coordinateur se charge de la redistribution des fruits et légumes produits.
Durant toute la durée du premier cycle de culture, nous effectuons une formation pratique aux membres de la communauté. Les principaux enseignements portent sur les différentes techniques de maraîchage que sont le semis, le repiquage, l’arrosage, l’éclaircissage et la taille.
Maraîchage communautaire, semi saladesLes principales difficultés rencontrées sont les maladies (insectes et champignons) qui se propagent très vite. Un contrôle manuel régulier est important et l’utilisation de la bouillie bordelaise s’avère utile et efficace. Un autre facteur déterminant pour la réussite du projet est l’assiduité au travail de chaque bénéficiaire en ce qui concerne l’arrosage et le contrôle des maladies. C’est pour cette raison que nous les faisons travailler en binôme.
Le coordinateur à un rôle important et sa tâche de distribution quotidienne de la récolte est laborieuse. Dans l’ensemble les résultats sont très positifs. Les bénéficiaires améliorent leur alimentation et diminuent leurs dépenses en nourriture, et ce pour un investissement temps relativement faible. La prochaine étape sera la mise en place d’un petit magasin primeur dans la communauté pour vendre le surplus et faire baisse la charge de travail du coordinateur.